Antonin a 14 ans, il a été élevé par sa Nounou, sa famille d’«accueil » au sens plein du terme. Le premier jour, il nous a fait un câlin. Un câlin à demi tendre à demi brutal, rapide, sans fioritures : il ouvre les bras, il pose son visage sur l’épaule, il serre un peu, il s’écarte et c’est fini. Ce mouvement inespéré qui peut venir comme cette fois-ci, instantanément, précipitamment et qui rend, une seconde, fou de joie.
Sur le seul argument d’une tête de poupée repêchée un été dans le canal de Dunkerque, nous décidons de le suivre, sans scénario, juste avec cette intention claire de suivre son errance, et où donc, le synopsis se réduirait à la belle peau de chagrin : « suivre Antonin ». Simplement filmer avec de la pellicule, un enfant/adolescent au visage ovale et étrange, affublé de son t-shirt « Messi » et fêter l’intrication du monde et des êtres, dé-couvrir ce que l’expérience coutumière ordinairement dissimule ou oublie, le formidable enchevêtrement du réel et de l’image qui le double.